Alternance : 15 % de candidatures en plus pour 2 % d’offres en moins, la tension monte encore d’un cran

JobTeaser, plateforme de recrutement spécialiste des jeunes talents intégrée à plus de 800 écoles et universités européennes, a publié le 27 août 2026 ses chiffres semestriels sur l’activité de l’alternance en France. Dans le sillage de 2025, le nombre d’offres recule cette année alors que le nombre de candidats en recherche d’une alternance augmente : les candidatures progressent de 15 % sur le semestre, tandis que les offres reculent de 2 %.

Le stage devient la variable d’ajustement des entreprises, avec 13 % d’offres supplémentaires au premier semestre 2026 — une bascule vers la formule la plus courte, la moins engageante et qui ne dépend d’aucune aide publique ni coût de formation. Environ 81 % des offres d’alternance sont publiées de janvier à juin.

La baisse des offres ne se répartit pas également selon la taille des entreprises : les TPE et PME accusent un recul de 19 % par rapport au premier semestre 2025, contre une quasi-stabilité (-1 %) pour les grandes entreprises. Le mouvement est légèrement plus marqué en Île-de-France (-2,43 %) qu’en région (-0,73 %).

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. D’abord la baisse des aides publiques : pour un alternant préparant un diplôme de niveau bac+3 à bac+5, l’aide à l’embauche est passée en 2026 de 5 000 à 2 000 euros pour les TPE-PME, et de 2 000 à 750 euros pour les grandes entreprises, tandis qu’une participation obligatoire de 750 euros aux frais de formation a été instaurée par le décret du 27 juin 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025. Ensuite le ralentissement économique, mesuré depuis un an et demi, dans un contexte où l’approche de l’élection présidentielle laisse craindre un attentisme des directions.

Au niveau sectoriel, le secteur bancaire résiste bien : Banque Populaire prévoit par exemple 5 400 recrutements en 2026, dont 1 200 en alternance. À l’inverse, le bâtiment paie la crise du logement neuf, avec un recul de 6,3 % des offres en construction et de 8,6 % en génie civil et architecture (-16,4 % sur un an pour la construction, le repli le plus marqué parmi les grands secteurs suivis par France Travail). L’automobile perd également 6,4 % de ses offres d’alternance, dans un contexte de transformation industrielle. À l’inverse, le luxe, la mode et la beauté progressent de 8,5 %, et la banque, l’assurance et l’investissement de 4,2 %.