À l’heure où les transitions numérique, écologique et démographique imposent une adaptation rapide des compétences, les Programmes d’investissements d’avenir (PIA 1, 2, 3) et le plan France 2030 s’imposent comme des leviers majeurs de modernisation de l’enseignement et de la formation professionnels. Avec près de 2 milliards d’euros engagés sur près de 500 projets depuis 2010, ces dispositifs poussent les organismes de formation et les établissements à transformer leur offre. C’est ce que révèle le Céreq Bref 491-492, dernière publication du Céreq.
Une logique partenariale renforcée avec le monde économique
Le cadre des PIA et de France 2030 a imposé une nouvelle dynamique collective : l’obligation de co-construire les projets avec le monde économique et les collectivités territoriales s’est affirmée comme la règle du jeu, avec à la clé des partenariats renforcés permettant d’articuler plus efficacement besoins économiques et offre de formation. Les collectivités territoriales jouent quant à elles un rôle déterminant de « tiers de confiance » pour structurer et animer ces écosystèmes public-privé.
Des parcours de formation plus flexibles et ancrés localement
Pour adapter l’offre d’enseignement, les acteurs privilégient la souplesse :
- Les modules de formation de courte durée, d’une durée moyenne de 30 heures, permettent d’intégrer rapidement de nouvelles briques technologiques (hydrogène, batteries électriques, matériaux bio-sourcés) ou des compétences transversales (soft skills, transition écologique) sans refondre intégralement les diplômes.
- L’adaptation locale des diplômes : les lycées professionnels mobilisent la coloration de diplômes et les Formations complémentaires d’initiative locale (FCIL) pour répondre rapidement aux besoins en compétences des entreprises de leur bassin d’emploi. Dans le supérieur, chaque BUT peut adapter son programme en réallouant jusqu’à un tiers du programme pédagogique national aux spécificités locales.
Modernisation des équipements et outils numériques
Les financements exceptionnels apportés par les PIA et France 2030 permettent de surmonter le coût élevé d’équipements pédagogiques innovants. De nombreux projets se concrétisent par la rénovation ou la création de plateaux techniques de pointe, reproduisant les conditions réelles d’exercice des métiers.
Parallèlement, la mobilisation de technologies numériques — agents conversationnels, jeux vidéo sérieux, simulateurs de conduite, réalité augmentée — au service de formations plus hybrides vise un double objectif : moderniser les méthodes d’apprentissage et renforcer l’attractivité des filières industrielles, énergétiques ou agricoles auprès des jeunes et des publics en reconversion.
À travers les PIA et France 2030, l’État ne finance pas uniquement la création et l’adaptation de formations : il contribue également à faire émerger de nouveaux modes de coopération entre les mondes éducatif et économique, désormais au cœur des stratégies d’adaptation des compétences aux mutations industrielles, numériques et écologiques.
